Secteur

Informel

Le secteur informel ne peut être négligé

En 2010, les constats montrent que le secteur informel tend à se développer en période de crise. L’enquête menée dans la capitale est très révélatrice du portrait du secteur informel, notamment dans les zones urbaines malgaches.

Pour situer d’emblée le secteur informel du BTP à l’image de la situation dans la capitale, voici quelques chiffres relevés et analysés dans cette enquête :

  • Le secteur BTP représente 4,8% des emplois informels ; dans le secteur formel, le BTP fournit 6,7% des emplois.

  • Le chiffre d’affaires annuel du secteur BTP informel dans la capitale est de 381 milliards d’Ariary : sur un total de chiffre d’affaires de 861 milliards d’Ariary de la branche Industries informelle, c’est le secteur le plus important (devant l’agroalimentaire, la confection et les « autres »).

La structuration des ressources humaines du BTP informel est également intéressante :

  • 65,2% en auto-emploi (entrepreneur) ;

  • 03,5% employés non-salariés (pas de salaires fixes mensuels, à la tâche, commissions, etc.) ; c’est le taux le plus faible dans tout le secteur informel, avec celui des Transports / branche Services à 03,6%.

  • 31,3% salariés : c’est le taux le plus élevé de salariat dans le secteur informel (devançant de loin celui des transports à 22,6%).

Les longévités des unités de productions informelles les plus élevées dans le secteur informel sont relevées dans la Confection (15 ans) et les BTP (14 ans).

D’ors et déjà, ces données économiques à Antananarivo – la proportion de nombre d’emplois créés, le chiffre d’affaires généré, la structuration des emplois (auto-emploi et salariat) et la longévité des entreprises, deux facteurs atténuant par ailleurs la précarité de l’emploi par rapport aux autres secteurs informels où elle est flagrante – nous incitent à ne pas négliger le secteur informel du BTP. On peut ensuite imaginer, toute proportion gardée, son importance dans les autres agglomérations telles que Toamasina, Toliara et Antsiranana.

La filière informelle intégrée dans la filière formelle

 

D’autres caractéristiques de la filière du BTP informel nous interpellent.

 

La filière est désorganisée, très peu d’unités de production sont affiliées à des associations ou organisations professionnelles et elles ne trouvent aucun appui pour résoudre les blocages éventuels de leurs activités. Chaque acteur est donc « isolé » dans son unité de production.

 

Les débouchés du BTP informel : majoritairement, il s’agit de réponses aux demandes directes des ménages (travaux de maçonnerie, de plomberie, de menuiserie, etc.), mais il faut noter que les unités de production informelles du BTP gagnent pour plus de 26% de leurs recettes auprès du secteur public. En amont de la chaîne, les principaux fournisseurs du secteur BTP informel sont dans le secteur formel. C’est encore une particularité des BTP dans le secteur informel : c’est le secteur le plus en relation avec le secteur formel.

Ces deux derniers points nous montrent « l’intégration » de la filière BTP informelle dans celle du secteur formel ; les échanges existent et les rapprochements sont inévitables entre ces deux mondes jugés malencontreusement « parallèles ».

 

Le BTP informel a sa place dans le développement économique du secteur.

Ce qui nous amène à conclure qu’il faut agir dans l’accompagnement de ces unités de production informelles vers la formalisation de leur activité pour solutionner leur isolement et les goulots d’étranglement auxquels elles sont confrontées, tel que mentionné au premier point.

Ainsi, la mise en place de dispositifs d’amélioration de la formation professionnelle du secteur du BTP est définitivement un moyen pour développer le secteur, formel et informel, et pour maintenir sa croissance. En ce qui concerne le secteur informel du BTP, ces dispositifs contribueraient certainement à la professionnalisation progressive de milliers de travailleurs informels.

Ce parcours de professionnalisation, bien accompagné, pourrait conduire à l’étape de la formalisation que l’entrepreneur lui-même jugerait opportun quand le développement en parallèle de ses activités la rendrait nécessaire. Mais bien entendu, la solution au problème du non formalisation passe avant tout par une politique de communication active et d’incitation de la part de l’Etat, et sans doute par une simplification administrative des démarches liées à l’enregistrement des entreprises.

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 Complexe scolaire Ampefiloha
Batiment E – 3eme etage
Porte 317
Antananarivo 101
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