Problématique de la 

Formation Professionnelle

      Le dispositif de formation public est sous-dimensionné 

 

20.000 jeunes pour environ 70 établissements publics, encadrés par 1.200 formateurs pour répondre aux besoins des opérateurs économiques et pour répondre aux attentes sociales. Quantitativement, ce dernier dispose d’un nombre de places limitées par rapport aux flux de jeunes souhaitant poursuivre un cursus professionnalisant. Qualitativement, le dispositif est en décalage avec les besoins en compétences de l’économie malgache formelle car la plupart des filières sont techniquement obsolètes (compétences acquises, équipements, niveau des formateurs).

 

      Une multitude d’opérateurs privés offrant des prestations inégales 

Le secteur privé de la formation technique et professionnelle est prépondérant avec 63% des effectifs totaux. Le secteur privé représente 87% des établissements de type CFP et 31% des établissements de type LTP. Plus de 350 opérateurs privés accueillent chaque année plus de 31.000 jeunes (dont 75% se concentrent sur la capitale) pour des formations de qualité inégale où le secteur tertiaire est prépondérant (31%), suivi du secteur Industriel (22%), Nouvelles Technologies Information/Communication (NTIC) (15%) et Génie Civil (13%). L’opacité du secteur privé de la formation et la faiblesse des revenus des ménages ne permettent pas l’émergence d’une offre de formation technique de qualité.

      Des niveaux en décalage avec les standards internationaux

En comparaison avec les standards internationaux, le niveau des diplômés est généralement en décalage avec les attentes des milieux professionnels qui constatent un manque de pratique professionnelle et une méconnaissance des réalités du monde du travail. En 2006-07 les 20051 jeunes se répartissaient en centres de formation professionnelle (5373) et lycées techniques professionnels (14 678).

      Un sous-financement public 

Les autorités malgaches consacrent moins de 1% du budget de l’Education Nationale à ce secteur qui ne dispose d’un département ministériel à part entière que depuis 2011. Il n’existe pas de dispositif de collecte et de gestion de fonds des entreprises pour la formation professionnelle. Les contributions des familles couvrent l’essentiel du fonctionnement des établissements.

      Une faible prise en compte des formations vers le secteur informel

La concentration des financements internationaux au profit des secteurs formels de l’économie malgache a arbitré en défaveur de secteurs ou domaines pour lesquels la formation ne peut être rentable, en particulier le secteur informel où les niveaux de revenus sont faibles. Les dispositifs publics et privés existants de formation initiale et continue qualifiante et diplômante dans le BTP qui concernent 6000 personnes/an environ5 sont anciens, de capacités insuffisantes et inadaptées aux nouvelles techniques mises en œuvre dans le BTP. La situation des établissements publics est critique. Le Centre de formation du ministère des Travaux publics (ININFRA), et les filières génie civil des lycées techniques et centres de formation professionnelle sont dépourvus de moyens, les équipements obsolètes et les budgets de fonctionnement très insuffisants. Les formateurs sont en nombre insuffisants et ont un besoin crucial de recyclage.

      Développement des compétences dans le secteur

Des expériences de partenariat public-privé entre entreprises et des dispositifs de formation existent, elles portent sur la mise en place de chantiers-écoles (ININFRA, CITE, HOLCIM), de contrats de formation par alternance (IST-T), de la mise à disposition d’équipements (Colas – LT Mantasoa), organisation de stages, etc.

Parallèlement, les organisations professionnelles du secteur sont représentées dans les conseils d’administration de l’ININFRA, IST-T, CITE pour appuyer les orientations de ces organismes dans le sens d’un rapprochement de l’offre de formation des besoins des entreprises du secteur. Sur la base de ces dispositifs, les professionnels indiquent qu’il convient de capitaliser sur l’expérience acquise et structurer des mécanismes de partenariat public-privé concrets.

Au niveau de la formation initiale, la formation en alternance est nettement valorisée par les entreprises interrogées. Les entreprises manifestent une forte attente dans ce domaine et se disent prêtes à s’y impliquer en apportant aux établissements leurs compétences techniques (actualisation des connaissances des enseignants et des curricula de formation, et éventuellement en matériel ou outillage). Il s’agit là, pour les professionnels, d’une piste majeure de modernisation de la formation professionnelle dans le BTP, qui permettrait de professionnaliser les jeunes en formation, autant au niveau de leurs compétences techniques (savoir, savoir-faire), qu’au niveau du développement de leur savoir-être (intégration des règles de comportement, d’hygiène et sécurité).

Dans le cadre de l’enquête effectuée, 19 entreprises sur 24 affirment avoir mis en place des actions de formation continue, majoritairement pour l’adaptation au poste de travail, et principalement auprès de l’ININFRA (établissement de référence pour les PME) qu’il convient de renforcer. Un certain nombre de ces actions ont été conduites jusqu’à présent dans le cadre de programmes de financement de soutien au développement du secteur privé (UE) et des communes de Madagascar (moitié des entreprises concernées), ou sinon sur financement propre (idem).

En conclusion, les professionnels du BTP souhaitent renforcer leur capacité à participer à la gouvernance du système de formation professionnelle initiale et continue, gage de la compétitivité du secteur, afin de favoriser :

  • L’évolution de la compétitivité des entreprises ;

  • L’adéquation des formations aux demandes socioprofessionnelles.

Via des mécanismes concrets d’implication pour contribuer à :

  • L’élaboration des politiques d’orientation de l’offre de formation et d’insertion sur le marché du travail ;

  • Actions d’information/orientation /communication sur les métiers et les compétences ;

  • Actions de développement de l’alternance et de la formation continue.